Andes et Avenue des Volcans
Un corridor de 600 km entre deux cordillères andines, ponctué de huit volcans à plus de 5 000 mètres, de marchés kichwa et de haciendas coloniales.
L'Avenue des Volcans est le nom donné par le naturaliste Alexander von Humboldt en 1802 au corridor andin qui traverse l'Équateur du nord au sud. Sur environ 600 kilomètres entre Tulcán, à la frontière colombienne, et Loja, à l'approche du Pérou, la cordillère se dédouble en deux chaînes parallèles qui encadrent une succession de bassins d'altitude. Au milieu, la Panaméricaine relie les villes coloniales et les villages indigènes en longeant une dizaine de volcans dont huit dépassent 5 000 mètres : Cotopaxi (5 897 m), Chimborazo (6 263 m), Cayambe (5 790 m), Antisana, Tungurahua, Sangay, Iliniza et Cotacachi.
Les vallées habitées se situent entre 2 200 et 3 500 mètres d'altitude. Quito, la capitale, s'étire à 2 850 mètres dans un long couloir au pied du Pichincha. Son centre historique, classé par l'UNESCO en 1978, conserve une trentaine d'églises coloniales dont La Compañía, entièrement recouverte de feuilles d'or à l'intérieur. Les climats sont stables sur l'année : 18 à 22°C en journée, 5 à 10°C la nuit, avec un fort écart thermique au coucher du soleil. La saison sèche s'étend de juin à septembre dans la Sierra nord, plus marquée entre décembre et février dans la Sierra centre.
La région concentre la majorité de la population indigène du pays, principalement de langue kichwa, organisée en communautés rurales qui ont conservé leur économie agricole et textile. Le marché d'Otavalo, à deux heures au nord de Quito, fonctionne tous les jours mais culmine le samedi : la Plaza de los Ponchos accueille les tisserands dès 6 heures du matin, tandis que sur la place voisine se tient le marché aux bestiaux. Les villages alentour, Peguche, Cotacachi, Iluman, sont spécialisés respectivement dans le tissage à pédale, le travail du cuir et les guérisseurs traditionnels. Plus au sud, la communauté de Salasaca, entre Ambato et Baños, produit des tapisseries teintes aux pigments naturels.
Le centre de l'Avenue concentre les volcans les plus accessibles. Le parc national Cotopaxi, à 1h30 de route de Quito, permet de monter en véhicule jusqu'au parking à 4 500 mètres puis de gravir à pied le refuge José Rivas à 4 864 mètres. L'ascension du sommet glaciaire reste réservée aux alpinistes accompagnés. Le Chimborazo, plus au sud près de Riobamba, offre des marches d'acclimatation jusqu'à 5 000 mètres sur ses pentes lunaires peuplées de vigognes. Entre les deux, la lagune du Quilotoa occupe un cratère volcanique de 3 kilomètres de diamètre rempli d'une eau turquoise minérale, à 3 900 mètres.
Baños de Agua Santa, à 1 800 mètres seulement, marque la transition entre la Sierra et l'Amazonie. Adossée au volcan Tungurahua, encore actif, la petite ville sert de base aux randonnées vers la cascade du Pailón del Diablo, haute de 80 mètres, et aux bains thermaux alimentés par les sources chaudes du volcan. La gastronomie andine repose sur le maïs sous toutes ses formes (humitas, choclo, mote), la pomme de terre (locro de papa, soupe crémeuse au fromage et avocat), le cochon d'Inde rôti (cuy asado, spécialité de la région de Cuenca et du Cañar) et le hornado, porc cuit lentement au four à bois, plat dominical de la Sierra centre.
Au-delà des sites majeurs, ce qui justifie un détour dans les Andes équatoriennes tient à la densité d'expériences sur de courtes distances : on passe d'un marché kichwa à un refuge de haute montagne, d'une hacienda du XVIIe siècle reconvertie en hôtel à un atelier de teinture naturelle, parfois dans la même journée.
À découvrir
Marché d'Otavalo le samedi. Dès l'aube sur la Plaza de los Ponchos, les tisserands kichwa déploient ponchos, tapis et alpagas. Le marché aux bestiaux voisin ouvre à 5 heures du matin et se termine vers 9 heures.
Ascension du refuge Cotopaxi. Montée à pied depuis le parking à 4 500 mètres jusqu'au refuge José Rivas à 4 864 mètres, sur les pentes de sable noir du volcan. Environ 1 heure d'effort une fois acclimaté.
Cratère turquoise du Quilotoa. Boucle de quatre jours par les villages andins de Sigchos, Isinliví et Chugchilán, avant l'arrivée au bord du cratère à 3 900 mètres et la descente à pied jusqu'au lac.
Baños et cascade du Pailón del Diablo. Chute de 80 mètres dans une gorge tropicale, accessible par un sentier qui passe derrière le rideau d'eau. À combiner avec les thermes de La Virgen au pied du Tungurahua.
Hacienda Zuleta et brodeuses. Ancienne hacienda du XVIIe siècle ayant appartenu à un président équatorien, à 2 800 mètres dans la province d'Imbabura. Les brodeuses du village travaillent depuis 1940 sur des motifs floraux transmis de mère en fille.
Quand y aller
Les Andes équatoriennes se visitent toute l'année grâce à leur position sur la ligne de l'équateur, qui élimine les saisons thermiques. La meilleure période reste juin à septembre : ciel dégagé le matin, températures de 18 à 20°C en journée, 3 à 7°C la nuit en vallée et proches de zéro au-dessus de 4 000 mètres. Cette fenêtre offre la meilleure visibilité sur les sommets, notamment pour photographier le Cotopaxi et le Chimborazo qui restent souvent dans les nuages le reste de l'année. Décembre à février constitue une seconde saison favorable, plus sèche dans la Sierra centre et sud (Riobamba, Cuenca, Loja).
Février à mai marque la saison des pluies, avec des averses concentrées en fin d'après-midi (rarement toute la journée) et des matinées souvent claires. Les sentiers de montagne deviennent boueux et certaines pistes secondaires impraticables, mais c'est aussi la période la plus verte. Octobre et novembre sont des mois de transition pluvieux à éviter pour la haute montagne. À noter que Baños, en contrebas à 1 800 mètres, conserve un climat subtropical avec 20 à 24°C toute l'année et des pluies plus régulières liées à la proximité de l'Amazonie.
Conseils pratiques
Nous recommandons un minimum de 6 jours pour parcourir l'Avenue des Volcans entre Otavalo au nord et Riobamba au sud, en intégrant deux nuits d'acclimatation à Quito avant toute marche au-dessus de 4 000 mètres. Comptez 8 à 10 jours pour ajouter la lagune du Quilotoa, Baños et un séjour en hacienda. L'aéroport international Mariscal Sucre de Quito, à 45 minutes du centre, constitue le point d'entrée unique de la région. Les distances sont courtes (Otavalo à 2 heures, Cotopaxi à 1h30, Baños à 3h30, Riobamba à 4 heures) mais les routes de montagne réduisent les moyennes.
La région se combine naturellement avec le Sud andin et Cuenca par la route (descente progressive jusqu'à Loja) ou par vol intérieur depuis Quito. L'enchaînement classique vers l'Amazonie se fait depuis Baños ou Tena, à 3 heures de route. Les Galápagos s'articulent en retour à Quito ou Guayaquil via un vol. Le confort va de l'auberge de village à l'hacienda historique haut de gamme, avec une bonne offre intermédiaire dans les villes coloniales. La région convient aussi bien aux contemplatifs (haciendas, ateliers d'artisanat, thermes) qu'aux marcheurs autonomes (boucle du Quilotoa, parc Cajas, refuges du Cotopaxi et du Chimborazo). Les voyageurs sensibles à l'altitude doivent prévoir une montée progressive et éviter les efforts intenses les 48 premières heures.
























